Le pari gagné de l’huile artisanale

Le pari gagné de l’huile artisanale

p1050308.jpgAdrien Rivière s’est lancé en 2005 dans la production d’huile vierge de colza et de tournesol, afin de pouvoir rejoindre l’exploitation familiale. Une diversification réussie, puisqu’il est, depuis 2008, salarié à plein temps.

Alors qu’il suit en alternance un Bac professionnel CGEA (Conduite et gestion de l’exploitation agricole), Adrien réfléchit déjà à son avenir. Son père Didier est agriculteur et cultive 150 hectares de grandes cultures (céréales, orges, tournesol, colza) à Courtenay. Conscient que l’exploitation ne lui permettra pas, en l’état, de s’installer, le futur bachelier envisage de diversifier la ferme familiale. Mais reste à trouver la bonne idée.

C’est au salon Mécacéréales qu’il trouve l’inspiration. En août 2005, il fait la connaissance d’un agriculteur de l’Eure qui fabrique de l’huile végétale vierge issue d’une première pression à froid et commercialise également des presses. Il prend alors rendez-vous et va le rencontrer quelques jours plus tard sur son exploitation. Séduit par ce procédé d’extraction mécanique qui va lui permettre de valoriser la matière première produite sur la ferme familiale, Adrien achète une presse à huile en septembre et commercialise en décembre ses premières bouteilles d’huile vierge de colza et de tournesol, au marché de noël de Saint-Hilaire-les-Andrésis. C’est un succès !

Adrien décroche son baccalauréat en juin 2006. Dans un premier temps, il travaille un peu à l’extérieur, tout en continuant à accroître l’activité de l’huilerie, qui ne dégage pas encore suffisamment de revenus. En 2007, il achète une seconde presse plus grosse, pour extraire l’huile des noix et des noisettes et développe un service de pressage à façon pour les particuliers. En 2008, un magasin attenant au hangar est construit au lieu-dit des Fouets à Courtenay. Cette boutique, ouverte principalement sur rendez-vous, permet d’accueillir les clients, de plus en plus nombreux. La production est, toutefois, essentiellement commercialisée sur les salons, foires et autres manifestations dans un rayon de 150 km (une soixantaine par an). Une vingtaine de dépôts dans le Loiret et en Seine-et-Marne complète les points de ventes. Deux grandes surfaces de l’enseigne Intermarché distribuent également son huile artisanale dont la gamme s’est au fil des années étoffée, d’huiles aromatisées à l’ail-échalote, au basilic, et plus récemment au citron. Enfin, Adrien développe la vente par correspondance, avec son site Internet : http://huileriedesfouets.e-monsite.com/.

Grâce au développement de cette activité, Adrien a progressivement réussi à se dégager un revenu. Depuis 2008, il est salarié à plein temps sur l’exploitation familiale. 90% de son temps est consacré à la fabrication et à la commercialisation de l’huile. « Au début, j’avais sous-estimé le temps à consacrer à la vente directe » reconnait-il. Et d’ajouter « Cette activité à l’avantage de me permettre de pouvoir aider mon père pendant les périodes de semis et de récolte ». Côté projets, le jeune entrepreneur souhaite à présent développer l’accueil de groupes à la ferme et aimerait un jour devenir à son tour agriculteur.